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lundi, 07 janvier 2008

Volupté nocturne

23dbc20c90b368eebf9ab8d287202d32.jpgComment savoir quand s'arrête la journée ? Est ce qu'à partir d'une certaine heure, tout semble faire partie d'un grand brouillard ou est ce que ce sont juste des yeux fatigués par les écrans qui embrument notre perception ? Comment savoir si les images qui défilent dans ma tête, comme les clichés rassemblés d'un album photo imaginaire, sont issus de la réalité ?

J'ai rêvé d'elle il y a à peine quelques minutes. Mes yeux se sont détachés de mon dossier, trop lourd, de ces phrases vide de sens et mes pensées se sont égarées dans cette chambre d'hôtel, contemplant ce corps presque dénudé. Elle était là, allongée sur un lit, dans des draps fraîchement lavés. Elle était là, à m'attendre, et son regard était comme une invitation à peine dissimulée.

Je l'imaginais en train de me faire un signe. "Allez viens t'allonger près de moi". Je m'approchais, je la dévorais du regard et je sentais cette chaleur envahir tous mes membres, je sentais la pulsation régulière et vive de mes veines. Je m'approchais encore et je pouvais sentir son parfum, je pouvais deviner sa peau sous les fins draps de satin. Je savourais avec délice le faux désordre de ses cheveux et cette petite mèche qui tombait sur ses yeux. Elle avait l'air d'une reine, tellement puissante, tellement forte, tellement mystérieuse et pourtant si attirante.

Je m'asseyais près d'elle sans avoir eu l'impression de faire le moindre pas. Je laissais mes mains effleurer ses jambes, mes lèvres se rapprocher doucement des siennes. Elle se détourna. Celà ne la rendit que plus désirable. Elle s'amusait à se coller contre moi, à me laisser venir puis elle s'éloignait brusquement avant que je n'aie pu savourer le goût de sa bouche. Ca me rendait folle. J'étais en son pouvoir. Rien n'aurait été si intense si elle s'était donnée facilement.

Elle m'enlevait mes vêtements, un par un et prenait un plaisir presque cruel à m'exciter encore plus, à prendre son temps puis à me laisser bouillonner de désir pendant quelques secondes. Plus je m'approchais, plus j'avais envie d'elle, de sa bouche, de ses seins, de son corps, de sa peau si douce, plus elle s'éloignait, jouant avec moi comme un chat avec une pelotte de laine.

Quand je me suis retrouvée presque nue, ayant tellement envie d'elle que je savais à peine où j'étais, elle laissa mes mains vagabonder le long de ses jambes. C'était elle, la patronne. C'était elle qui décidait quand je pouvais continuer et quand je devais m'arrêter. Elle était là, à disposer de mon désir, de mon corps, comme une souveraine qui daigne accorder audience à un hôte étranger. Il aurait pu y avoir un bruit du tonnerre dans la chambre, il aurait y avoir une explosion atomique, on aurait pu se faire suprendre à tout instant, peu m'importait. Je réalisais à peine ce qui était en train de se passer dans ma tête, dans mon corps. Nom de Dieu, je n'avais désiré quelqu'un aussi fort ! Je ne contrôlais plus mon corps, mon cerveau était noyé dans une sorte de brume ennivrante, mes gestes était dictés par une sorte d'instinct animal primitif : je devais l'avoir ! Moi qui était si retenue, presque coincée, moi qui était un modèle de discrétion, je me surprenais à agir comme une bête affamée.

J'avais tellement envie d'elle que c'était le blackout total dans mon cerveau d'intello. Nom, rien de tout ça n'était rationnel, rien de tout ça n'était logique. Je ne maîtrisais plus rien. J'étais devenue presque sauvage. Elle glissait ses mains le long de mon corps puis elle m'embrassa. L'émotion fut tellement puissante que j'ai cru que mon coeur allait exploser, que ma tête allait être pulvérisée. J'ai eu l'impression de recevoir une décharge du tonnerre. Mes jambes étaient comme deux grandes tiges de guimauve, mes bras étaient en caoutchouc et je sentais un sourire béat se dessiner sur mon visage. J'aurais pu me défoncer toute une soirée sans ressentir un truc pareil. Je ne pensais plus.

Ses mains se baladaient sur mon corps. Mes mains savouraient la douceur de son dos, se délectaient de la sensation de ses muscles en action. Ma bouche carressait la sienne, doucement. J'étais comme une gosse qui savoure son premier bonbon. Elle me rendait dingue. Le désir se propageait dans tous mes membres. C'était comme si des millions de petites bulles éclataient dans ma tête, comme un feu d'artifice de paillettes et de couleurs. C'était comme si j'étais submergée par des vagues. Une fois, ça se calme, deux fois, plus fort, trois fois, pow ! Ecran bleuté tirant un peu sur le vert.

Je restais là, allongée près d'elle en me demandant comment j'avais pu faire pour vivre toutes ces années sans connaître ces sensations démentes. Je me disais que je ne pourrais plus vivre sans. Je me suis dit : "Nom de Dieu, ça, c'est le meilleur trip du monde !". Elle me regardait. Elle se tourna vers moi, un sourire radieux illuminant son visage magique. Elle me caressa doucement le visage, m'embrassa et me dit :

"Je t'aime"

Un seul mot me vint alors à l'esprit : wow ! Je suis une fille qui aime les filles... Et alors ?

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