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vendredi, 15 février 2008
Tailler la route...
Une semaine déjà que je suis ici avec toi. J'ai coupé un peu les ponts avec ma vie de sudiste pas raisonnable. J'ai du mal à me mettre au travail. En même temps, je profite de ma dernière année sans trop de soucis, sans responsabilités, sans horaires, sans trop de contraintes, la liberté ça a du bon. Je ne suis pas pressée de retrouver mon quotidien minuté. Une semaine que je n'ai pas entendu le réveil, sauf quand j'avais envie de l'entendre. Une semaine que j'ouvre les yeux et que je peux te regarder dormir, à côté de moi. Une semaine que je te prépare des petits plats, que je ne vois personne à part toi. Une semaine que j'ai coupé les ponts de mon quotidien, ça fait du bien. On a vu ce superbe film, "Into The Wild", ça me parle tellement en ce moment. J'en suis à un point où je ne sais pas trop quoi faire. Si j'ai envie d'aller au bout de mes études, j'avoue que je sature aussi de faire toujours ce qu'on attend de moi. Après tout, j'aimerais prendre mon baluchon et tailler la route avec toi.
Je sais pas, j'aimerais qu'on prenne la bagnole et qu'on parte, comme ça, à l'arache, sur les routes. Pourquoi ne pas trouver des petits jobs, se faire un peu d'argent et continuer le voyage, toujours plus loin ? Je ne sais pas si j'ai envie de rentrer dans le rang, je n'ai pas envie de rentrer dans le moule. C'est drôle. J'ai toujours aimé être dans les marginaux, je n'aime pas faire partie de la masse non pensante, du bétail qu'on amène doucement à l'abatoir. Je n'ai peut-être pas envie d'en faire partie, de cette société gangrainée, pas tout de suite en tout cas.
Pourquoi ne pas écouter cette petite voix qui squatte mon cerveau depuis que j'ai l'âge de réfléchir un peu par moi-même ? Quelles sont les images qui défilent devant mes yeux quand le soleil baisse à l'horizon ? Quelles sont les sons, les odeurs qui me reviennent en mémoire, qui me filent des frissons dans le creux du ventre et des petites gouttes de pluie dans les yeux ? Les montagnes, l'odeur du pin, les tapis d'aiguilles, les joncs, les cabanes de fortune, les feux de camp, les feux de joie, la plage, le sable chaud, du bon vieux blues à fond dans ma vieille caisse, et je roule fenêtre ouverte, droit devant, sans trop savoir où je vais. Pourquoi on ne ferait pas ça ? Pourquoi on n'écouterait pas le Petit Jack qui nous parle du Grand Nord au lieu de Jean-Pierre et Nicolas ? Pourquoi est-ce qu'on ne s'accorderait pas 6 mois, un an loin de tout ces artifices, ces vies factices ? Pourquoi est qu'on ne bouclerait pas nos baluchons et qu'on ne partirait pas camper au milieu des bois ? Est-ce qu'on attendra d'être vieux pour rêver à ce qu'on aurait pu faire ?
Allez...
Fichons le camp...
Soyons libres...
15:40 Publié dans Me and Mrs Jones, Smoke rings of my mind | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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