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lundi, 25 février 2008
I'm out
Après environ 5 ans, il semblerait que mon Coming-Out ait enfin été intégré et compris par ma famille proche. Je suis revenue ce week-end, j'ai pris quelques jours de vacances pour rentrer passer quelques jours dans la famille. Evidemment, ma chérie était du voyage. Après une escale dans le 63 pour faire la tournée des potes, je reçois un message sur mon portable :
"Je voulais savoir si tout voulait emmener ta copine manger à la maison ce soir, quand tu rentreras de Clermont. Ca nous ferait plaisir qu'elle vienne"
Scotchée, j'annonce la nouvelle à ma Douce. C'est la première fois, en 4 ans et demi, que mes parents invitent officiellement ma chérie à manger. Ils la connaissent, depuis le temps, savent qu'on est ensemble mais jamais ils n'avaient officialisé la chose. Quand j'étais ado, je ne m'entendais pas du tout avec mon père. On se reparle bien depuis 1 an et demi, 2 ans. Il n'acceptait pas du tout mon homosexualité et me répétait souvent depuis qu'on avait repris contact :
"Je respecte ton style de vie mais je ne l'accepte pas"
Et là, pour la première fois en 5 ans, pour la première fois depuis que je suis avec ma Douce, ils ont accepté. Mon père a été tout a fait gentil avec elle, ce qui est quand même assez surprenant venant de lui. Je ne peux qu'imaginer les efforts qu'il a fait, car l'invitation, au départ, venait de lui. C'était les 16 ans de mon frère et ma copine, celle que je considère comme la femme de ma vie, a pu enfin se sentir acceptée par mes parents. Mon frère aime bien ma Douce, ils s'entendent bien. Ma mère a bien réagi. Mais je me demandais si mon père allait comprendre et accepter un jour. Il a fait cet effort. Après toutes les engueulades et les relations de conflit, d'affrontements, de haine que j'ai pu avoir avec lui, je suis très fière et heureuse qu'il ait fait ce geste.
Ma Douce était ravie, elle qui s'est sentie si souvent rejetée et qui a souvent eu l'impression de devoir se cacher devant ma famille. Ca fera bientôt 5 ans qu'elle partage ma vie, il était temps ! Le Coming-Out, ce n'est pas une sinécure sur le moment mais, au bout d'un certain temps, on se rend compte qu'on est bien mieux dans ses baskets quand on est sorti du placard.
Alors, maintenant, quand n'importe quel autre membre de ma famille me demandera si j'ai un copain ou quand je leur présente mon Jules, je leur répondrai sans sourciller :
"Je n'ai pas de copain, je n'en aurai jamais, je suis homo, j'ai une copine depuis 4 ans et demi. Et si vous vous demandez pourquoi je ne l'ai pas dit avant, je vous répondrai que c'était pour mes parents, pour ne pas les confronter à votre regard. Mais maintenant que je sais qu'ils m'acceptent comme je suis, je vous demande de faire de même. Depuis des années et surtout depuis 5 ans, je fais semblant. C'est terminé maintenant."
I'm out !
23:35 Publié dans LesboLand | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coming out, famille, lesbien, tolérance
lundi, 18 février 2008
Living with a bunch of freaks
I'm living in a weird place, full of a bunch of freaks.
Je suis prise entre deux addictions, une pour le chichon, l'autre pour le canon. C'est pas facile. Je dois marcher sur des oeufs en permanence, jamais un mot plus haut que l'autre. Pendant qu'un se défonce la tête à coup de bouteilles de 1664, l'autre diffuse ses odeurs d'herbe mal séchée dans toutes les pièces. Des accroches, des incompréhensions, des malentendus et surtout, une ambiance tendue. Je dois me maîtriser en permanence pour être certaine de ne pas déclencher une explosion atomique. Et pourtant je vis avec des presque trentenaires. Est-ce qu'on pête tous un câble à l'approche des trente pas si glorieuses ? Je ne pense pas que je finirais comme ça. Je ne juge pas. Moi en tout cas, je me débats dans mes propres miasmes. Je lutte contre les coups de blues, les coups de sang et les impulsions nostalgiques de mon cerveau embrouillé.
Ceux qui disent que la vie à deux, la vie de couple est une accumulation de "too much" n'ont jamais connu la coloc désastre. Ceux qui veulent parfois se laisser tenter par les conclusions faciles du "elle me gonfle, je fous le camp" n'ont jamais eu à gérer des toxicos paranos sous le même toit. Alors je ne dirais plus jamais que vivre avec elle, c'est chiant, pas après avoir connu ce que j'aurais expérimenté cette année.
J'ai vu Into The Wild, cette semaine. Magique... C'est tellement ça.
Come on babe, let's go on the road... Canned Heat in our ears, beautiful landscapes in our minds, come on baby, get on the road with me.
Society, I hope you're not lonely without me...
00:45 Publié dans Smoke rings of my mind | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 15 février 2008
Tailler la route...
Une semaine déjà que je suis ici avec toi. J'ai coupé un peu les ponts avec ma vie de sudiste pas raisonnable. J'ai du mal à me mettre au travail. En même temps, je profite de ma dernière année sans trop de soucis, sans responsabilités, sans horaires, sans trop de contraintes, la liberté ça a du bon. Je ne suis pas pressée de retrouver mon quotidien minuté. Une semaine que je n'ai pas entendu le réveil, sauf quand j'avais envie de l'entendre. Une semaine que j'ouvre les yeux et que je peux te regarder dormir, à côté de moi. Une semaine que je te prépare des petits plats, que je ne vois personne à part toi. Une semaine que j'ai coupé les ponts de mon quotidien, ça fait du bien. On a vu ce superbe film, "Into The Wild", ça me parle tellement en ce moment. J'en suis à un point où je ne sais pas trop quoi faire. Si j'ai envie d'aller au bout de mes études, j'avoue que je sature aussi de faire toujours ce qu'on attend de moi. Après tout, j'aimerais prendre mon baluchon et tailler la route avec toi.
Je sais pas, j'aimerais qu'on prenne la bagnole et qu'on parte, comme ça, à l'arache, sur les routes. Pourquoi ne pas trouver des petits jobs, se faire un peu d'argent et continuer le voyage, toujours plus loin ? Je ne sais pas si j'ai envie de rentrer dans le rang, je n'ai pas envie de rentrer dans le moule. C'est drôle. J'ai toujours aimé être dans les marginaux, je n'aime pas faire partie de la masse non pensante, du bétail qu'on amène doucement à l'abatoir. Je n'ai peut-être pas envie d'en faire partie, de cette société gangrainée, pas tout de suite en tout cas.
Pourquoi ne pas écouter cette petite voix qui squatte mon cerveau depuis que j'ai l'âge de réfléchir un peu par moi-même ? Quelles sont les images qui défilent devant mes yeux quand le soleil baisse à l'horizon ? Quelles sont les sons, les odeurs qui me reviennent en mémoire, qui me filent des frissons dans le creux du ventre et des petites gouttes de pluie dans les yeux ? Les montagnes, l'odeur du pin, les tapis d'aiguilles, les joncs, les cabanes de fortune, les feux de camp, les feux de joie, la plage, le sable chaud, du bon vieux blues à fond dans ma vieille caisse, et je roule fenêtre ouverte, droit devant, sans trop savoir où je vais. Pourquoi on ne ferait pas ça ? Pourquoi on n'écouterait pas le Petit Jack qui nous parle du Grand Nord au lieu de Jean-Pierre et Nicolas ? Pourquoi est-ce qu'on ne s'accorderait pas 6 mois, un an loin de tout ces artifices, ces vies factices ? Pourquoi est qu'on ne bouclerait pas nos baluchons et qu'on ne partirait pas camper au milieu des bois ? Est-ce qu'on attendra d'être vieux pour rêver à ce qu'on aurait pu faire ?
Allez...
Fichons le camp...
Soyons libres...
15:40 Publié dans Me and Mrs Jones, Smoke rings of my mind | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



