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dimanche, 20 avril 2008

Enfer artificiel

Homo, hétéro ou autre... Peu importe l'étiquette qu'on nous colle, on se bat contre les mêmes conneries, tous autant que nous sommes. Certains d'entre nous, parasites d'êtres humains, semblent s'en sortir mieux que d'autres. Je pensais vraiment être au fond du trou il n'y a pas si longtemps mais quand je vois l'espèce d'épave de la piaule d'en face, je me dis que je m'en sors pas si mal que ça, moi qui ai toujours pas de boulot, qui suis toujours pas installée dans la vie dite "active" avec la maison à crédit sur 30 ans, le chien, une pauvre daube de Scénic pour emmener les mioches à l'école en partant tamponner des saloperies de papelards au bureau.

Je vis aux crochets de la société et alors ? On doit tous alimenter le monstre de la consommation, moi je ne ponctionne qu'une toute petite part du gateau. Je vis avec pas grand chose, pas des masses d'espèce sonnantes et trébuchantes. C'est tellement que dalle tout ça. Cette année, je suis venue là pour aller au bout d'un truc qui me semblait important, ouais ça l'était sur le coup ça sonnait pas mal "Doc'". Mais tu vois, tout ce que je fais ici, là, ça n'a aucun putain de sens si t'es pas là, si je partage pas ça avec toi. Une grande leçon de ce superbe film "Into The Wild" c'est le que le bonheur n'est le bonheur que quand il est partagé. C'est exactement ce que je ressens depuis que je ne noie plus ma routine pourrie dans tes bras magiques.

Tu n'es pas là ce soir pour me dire que c'est pas grave, que ça va s'arranger, qu'on va prendre notre baluchon et foutre le camp loin de cette société artificielle, qu'on va arrêter de se transformer en zombies numériques perdus dans un océan digital. Tu n'es pas là ce soir pour le carresser doucement le visage et me regarder tendrement. Je ne peux pas ressentir ce soir cette sensation terrible du "peu importe, je m'en fous, tant que je suis avec toi ça roule". Avant on s'envoyait en l'air comme si c'était la fin du monde tous les soirs, on se laissait pas enfermer dans ces schémas puants qu'on nous impose depuis notre plus tendre enfance à grands coups "d'ils vécurent heureux avec 35 mioches, 2 belles mères et ne noyèrent jamais leur existence fade dans l'exta et le whisky bon marché".

Tout au long de ces derniers mois, j'ai recherché les frissons en éclusant des littres de bières pour piccolos syrosés, moi qui croyait que j'en avais terminé avec toute cette merde, me revoilà à revivre ma 2è année de DEUG où je trainais avec les pires raclures en tolérant les pires trucs. Peut-être que là, c'est tout simplement "too much". Peut-être qu'à force d'en parler, je vais le faire, fouttre le feu à tous ces papelards, briser une bonne fois pour toutes mes chaînes et partir sur la route avec toi parce que ma place elle est là, avec toi. J'ai fait des trucs chouettes dans ma vie mais c'est toi qui détiens mes doses d'adrénaline, ma came c'est toi et à chaque beuverie pseudo-amnésique, je ressens davantage ton absence.

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