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lundi, 21 avril 2008
Cher Monsieur Chopin...
Je connais très peu votre musique en fin de compte. Je l'ai toujours entendue quelque part, comme un appel lointain et pourtant si familier. C'est en écoutant les notes que vous avez fait surgir du néant que je laisse mes doigts vagabonder sur mon clavier, sous la lumière rassurante de la lune. Je n'ai vraiment découvert vos oeuvres que récemment, peut-être parce que j'étais enfin prête à écouter, à ne plus accorder aucun crédit aux étiquettes. J'écoute, je ferme les yeux et me laisse bercer par le son enchanteur du piano. C'est étrange, la Nocturne op. 9 me donne l'impression d'avoir toujours eu cette musique dans un coin de mon coeur.
Je ferme des yeux et je vois des visages souriants, des yeux rieurs et des silhouettes familières. Je vois également de longues promenades sur le sable fin, le soleil tirant sa révérence d'un soir au loin, la lumière d'or se reflétant dans les vagues, les branches des arbres qui s'adonnent à une valse irréelle, je vole. Je vois ma Douce qui me tient la main et qui marche avec moi dans le crépuscule. C'est une joyeuse mélancolie qui s'exprime dans votre musique, celle des souvenirs heureux, des couleurs flamboyantes de l'automne, des chauds crépuscules d'été. Ce n'est pas triste, au contraire. Quoi de plus merveilleux que de repenser à ces moments et ressentir la chance et le bonheur de les avoir vécus ? Je ne suis pas triste quand je revois mes souvenirs, au contraire, ils m'enveloppent comme un nuage de coton, doux et chaud. Je suis d'avis qu'il ne faut pas regretter la fin des choses, il faut au contraire se réjouir de les avoir vécues.
Je vois ma Douce et moi partageant un bon verre de vin, dansant sous les étoiles. Je vois mes amis souriants autour d'un bon repas. Je me vois assise devant la mer, regardant les petites perles d'or luisant à la surface de l'eau. Les frissons, les larmes, l'émotion intense que me procure votre musique, cher Monsieur Chopin, sont une invitation au voyage aussi magique que celle de Monsieur Baudelaire. Les Fleurs du Mal, un petit air nocturne sont autant d'allers simples vers les nuages peints des mille couleurs qui se mêlent et se mélanges dans les méandres de notre si vaste monde imaginaire. La plus grande liberté de l'Homme est donc bien son Esprit.
23:55 Publié dans Neverland | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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