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lundi, 26 mai 2008
Fuck Society !
Je crois que je me suis rarement sentie aussi fatiguée, vidée, sans énergie qu'aujourd'hui. Y'a des jours comme ça, y'a des semaines comme ça où il vaudrait mieux rester couchée. J'ai l'impression que ma vie part un peu plus en lambeaux chaque jour. Chaque jour, j'ai un rêve qui se fracasse, chaque jour je ressens davantage le poids étouffant de cette société sclérosée, chaque jour j'entends les insultes, les leçons de morale et chaque jour, je me sens un peu plus diminuée. Et dire que moi, avec moi, j'étais bien dans mes baskets. C'est les autres qui me bouffent, devoir rentrer dans le moule, être une espèce de saloperie de mouton léthargique qu'on amène docilement à l'abatoir. Moi je voulais autre chose. Je voulais bouger, voir le monde, je voulais pas vivre une vie ordinaire et me voilà, comme ce putain de commun des mortels, condamnée à me conformer à un monde que j'ai toujours eu en horreur.
Entre tous ceux qui font la morale, qui hurlent sans cesse les "tu devrais, tu aurais du" et ceux qui vous regardent d'un air condescendant en vous lançant un "il faut arrêter de rêver" méprisant, je me sens pleine de rage et en même temps tellement pathétique. J'étais si bien et il a fallu que la société me détruise, me ronge, me cloisonne entre quatre murs. Et tous ces abrutis, tous ces cons qu'il faut sans arrêt se taper ! A longueur de journée tu passes ton temps à te taire, à ramper, à te laisser faire par des brochettes de connards. Et toi, tu devrais en plus te justifier, limite t'excuser d'avoir voulu, ne serait-ce qu'un moment suivre tes rêves, tu dois demander l'absolution sociétale pour avoir eu l'impudence de t'imaginer que tu pourrais les réaliser, faire le boulot qui te faisait pétiller les yeux étant gosse. Ce qu'on nous raconte quand on est gamin, c'est du flan : "travaille, sois le meilleur et rien ne te résistera", quelles conneries !
Je ne me suis jamais sentie autant coincée. Je vis avec un malade mental alcoolique qui me lance des "branleuse" à tour de bras et là encore je dois la fermer sous peine de représailles, ma Douce me manque tellement que j'en ai mal, je n'irai pas en thèse faute de financements, mes amis me regardent presque avec pitié, mes parents m'ont fait le coup du "soit tu trouves un boulot dans les deux mois, soit tu reviens vivre chez nous et tu bosses à Auchant", j'ai pas trouvé une seule annonce d'emploi qui corresponde à mon profil, j'ai un super problème de dents et je viens d'apprendre que j'en serai de ma poche pour payer une couronne, la fête de Pacs du mois d'août a de grandes chances d'être annulée vu que je trouve pas d'hébergements pour un groupe, si je trouve pas de boulot j'aurai pas de quoi me payer d'appart... J'ai envie de hurler et de m'enfuir en courrant, quitter ce pays, refaire ma vie avec ma Douce dans une yourte au milieu d'un troupeau de chèvres. Et encore je peux même pas, vu que j'ai pas un radis !
Comment ? Dans la vie on ne fait pas toujours ce qu'on veut ? Tu parles ! Dans la vie, on ne fait jamais ce qu'on veut, jamais.
Personne vend des cordes pas chères ?
11:36 Publié dans Smoke rings of my mind | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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