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samedi, 31 mai 2008
Etre homos ne suffit pas pour être potes
Presque 2h du mat. Retour de soirée. Enfin, si on peut appeler ça une soirée. J'étais conviée à ma première soirée "lesb" depuis que je suis dans le sud. L'anni d'une fille que j'ai rencontrée quelques mois plus tôt. Invitée discrètement par sa copine pour une fiesta surprise, je me suis pointée dans le bar lesb préféré des miss, au milieu de gens que j'avais jamais vus. Je m'étais bien sapée pour l'occase. A peine arrivée, une des filles commence à me faire du charme. J'ai senti le rouge me monter aux joues, trop mal à l'aise, je savais pas quoi dire. Moi qui, d'habitude, suis la grande gueule de service, qui fait sa dragueuse à deux balles, qui parle avec tout le monde, je me suis retrouvée complètement tétanisée, entourée de nanas. Là, rien de surprenant à ce que deux filles s'embrassent, aucun regard amusé à la vue des petites caresses furtives, ambiance certes féminine mais presque too much. Je tremblais, je n'ai jamais été aussi mal à l'aise. Je suis sortie fumer clope sur clope pour essayer de me détendre, de discuter, d'engager la conversation, rien à faire. Du coup, j'ai picolé. Avantage de la soirée : la copine de la fille qui fêtais son anni a tout payé et, pour moi qui suis en rade de tunes à force d'aligner les sorties en mode "je fuis la coloc", c'était inespéré.
C'est vrai que j'ai toujours dit que ça me manquait de pas avoir ma bande de copines homos, de délirer sur les nanas et tout mais, en fait, j'ai eu l'impression terrible ce soir qu'un monde peuplé uniquement de nanas serait assez terrifiant. La personne avec qui j'ai le plus discuté c'était le seul mec hétéro de la soirée. Les femmes me font peur, en fait. C'est facile pour moi de dragouiller les hétéros parce que je suis en position de force, je les choque un peu, ça me fait rire et je sais qu'il ne se passera rien, je ne risque rien. Mais, quand une lesb qui s'assume me fait du charme, je suis en stress total, je sais pas pourquoi. Je n'ai aucune copine homo, ça me manque, c'est vrai. Mais je n'aime pas le milieu gay. Etre au milieu d'un bar lesbien, entourée de lesbiennes avait quelque chose de flippant pour moi, comme si je me retrouvais coincée dans une sorte de ghetto. Ce soir, certes je ne connaissais personne mais d'habitude ça ne m'empêche pas d'engager la conversation, en tout cas, je ne suis pas complètement angoissée et je ne fume pas 10 clopes en une heure tellement j'ai la tremblotte. Il n'y a qu'au bout de ma 2è pinte de bière et de mon 3è verre de champagne que j'ai commencé à me détendre un peu. Alors, quand la fin de la soirée a sonné, j'ai presque regretté de ne pas être allée me murger avec mes potes hétéros pour fêter dignement le rendu du mémoire (ce matin). Parce que bilan : je ne suis pas bourrée, ma copine me manque atrocement à force d'avoir des nénettes se rouler des paloches pendant 4 heures, je me sens seule et j'ai tellement un coup de blues que j'ai presque envie de me prescrire mon remède anti-déprime en cas d'urgence à savoir Coup De Foudre A Notting Hill.
Je ne traîne qu'avec des hétéros et je m'en fous. Je ne traîne qu'avec des gens sympas, c'est tout, peu importe ce qu'ils sont. Je hais les bars homos. Moi ce que j'aimerais c'est avoir une bande de potes et qu'on soit deux ou trois lesb dans le lot. Mais moi, les soirées entre couples lesbi, je trouve ça d'un déprimant... Alors oui, j'étais la plus jeune de la soirée, et de loin. Oui je connaissais personne, c'était peut-être de la faute à tout ça. J'ai essayé de m'intégrer, c'est loupé je crois et j'en retire une impression de grande tristesse.
J'aurais tellement aimé avoir des copines lesbiennes qui sont dans le même délire que moi. Je me suis sentie très seule ce soir. Je sais très bien que Pat, malgré ce qu'elle m'a dit, ne me rappellera pas. On ne se fait pas d'amis dans le sud, juste des potes, des collègues de soirée, point barre. Ce que cette soirée m'a appris en tout cas, grande naïve que je suis, c'est qu'avoir la même orientation sexuelle n'est pas un critère de délire suffisant. Moi, tout ce que je voulais, c'était parler nanas sans avoir à subir les regards de traviol du "hé, poulette, tu es la minorité qui devrait être plus silencieuse".
Larmichette...
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lundi, 26 mai 2008
Fuck Society !
Je crois que je me suis rarement sentie aussi fatiguée, vidée, sans énergie qu'aujourd'hui. Y'a des jours comme ça, y'a des semaines comme ça où il vaudrait mieux rester couchée. J'ai l'impression que ma vie part un peu plus en lambeaux chaque jour. Chaque jour, j'ai un rêve qui se fracasse, chaque jour je ressens davantage le poids étouffant de cette société sclérosée, chaque jour j'entends les insultes, les leçons de morale et chaque jour, je me sens un peu plus diminuée. Et dire que moi, avec moi, j'étais bien dans mes baskets. C'est les autres qui me bouffent, devoir rentrer dans le moule, être une espèce de saloperie de mouton léthargique qu'on amène docilement à l'abatoir. Moi je voulais autre chose. Je voulais bouger, voir le monde, je voulais pas vivre une vie ordinaire et me voilà, comme ce putain de commun des mortels, condamnée à me conformer à un monde que j'ai toujours eu en horreur.
Entre tous ceux qui font la morale, qui hurlent sans cesse les "tu devrais, tu aurais du" et ceux qui vous regardent d'un air condescendant en vous lançant un "il faut arrêter de rêver" méprisant, je me sens pleine de rage et en même temps tellement pathétique. J'étais si bien et il a fallu que la société me détruise, me ronge, me cloisonne entre quatre murs. Et tous ces abrutis, tous ces cons qu'il faut sans arrêt se taper ! A longueur de journée tu passes ton temps à te taire, à ramper, à te laisser faire par des brochettes de connards. Et toi, tu devrais en plus te justifier, limite t'excuser d'avoir voulu, ne serait-ce qu'un moment suivre tes rêves, tu dois demander l'absolution sociétale pour avoir eu l'impudence de t'imaginer que tu pourrais les réaliser, faire le boulot qui te faisait pétiller les yeux étant gosse. Ce qu'on nous raconte quand on est gamin, c'est du flan : "travaille, sois le meilleur et rien ne te résistera", quelles conneries !
Je ne me suis jamais sentie autant coincée. Je vis avec un malade mental alcoolique qui me lance des "branleuse" à tour de bras et là encore je dois la fermer sous peine de représailles, ma Douce me manque tellement que j'en ai mal, je n'irai pas en thèse faute de financements, mes amis me regardent presque avec pitié, mes parents m'ont fait le coup du "soit tu trouves un boulot dans les deux mois, soit tu reviens vivre chez nous et tu bosses à Auchant", j'ai pas trouvé une seule annonce d'emploi qui corresponde à mon profil, j'ai un super problème de dents et je viens d'apprendre que j'en serai de ma poche pour payer une couronne, la fête de Pacs du mois d'août a de grandes chances d'être annulée vu que je trouve pas d'hébergements pour un groupe, si je trouve pas de boulot j'aurai pas de quoi me payer d'appart... J'ai envie de hurler et de m'enfuir en courrant, quitter ce pays, refaire ma vie avec ma Douce dans une yourte au milieu d'un troupeau de chèvres. Et encore je peux même pas, vu que j'ai pas un radis !
Comment ? Dans la vie on ne fait pas toujours ce qu'on veut ? Tu parles ! Dans la vie, on ne fait jamais ce qu'on veut, jamais.
Personne vend des cordes pas chères ?
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samedi, 10 mai 2008
Ce n'est pas chez moi : je vis chez lui
Rentrée à 6h30, à la pique du jour, après ma première soirée sur la plage depuis que j'ai migré vers le sud. Ce matin, j'aurais aimé me lever et ne trouver personne à l'appart, personne pour parler, personne pour squatter la cuisine pendant que je me prépare ma quiche aux poireaux, personne pour fumer une clope sous mon nez quand j'essaie tant bien que mal d'arrêter, personne pour me lancer des vagues "salut". J'aurais aimé savourer ma solitude, ne pas avoir à supporter la vie en communauté. J'aurais aimé mettre la musique à fond, ne pas avoir à supporter le métal pourri imposé par le coloc. J'aurais aimé ne pas les voir, sa copine et lui, se sourire et s'enfermer dans sa chambre, entendre les rires, les voix, et plus...
Ca va faire bientôt 3 semaines que sa copine vit à l'appart. Les soirs où elle n'est pas là, je retrouve le coloc bourré comme un coin tout seul dans sa chambre qui me soule avec son jeu de foot, son PES. Oui j'aime bien y jouer mais plus avec lui. Depuis qu'il s'est incrusté dans une de mes soirées et qu'il a provoqué tout les gars avec ses 3 grammes dans le sang, je ne le supporte plus. Il ne fait pas le ménage, forcément, sa copine est toujours là, il est à peine aimable. Il me soule. Et puis, même si j'aime bien sa copine, j'en ai ras le bol qu'elle squatte l'appart sans arrêt. J'en ai vraiment ras le bol de me retrouver au milieu quand moi, ça fait trois semaines que je n'ai pas pu serrer mon ange contre moi. Alors j'essaie de ne pas y penser.
Mais sincèrement, ça me soule vraiment qu'elle soit là tout le temps. J'aimerais pouvoir me balader en slip dans l'appart si je veux, prendre ma guitare et brailler une reprise pathétique de Janis, j'aimerais inviter des gens, faire une bouffe chez moi, ça fait 8 mois que je reçois plus personne. Malgré ma grande harmonie spirituelle, j'avoue que ça me soule de voir que la coloc est vraiment devenu pour le coup, l'appart DU coloc et moi, je ne suis que de passage. En fait il accepte de partager son chez lui. Ce n'est pas chez moi ici.
Vivement que je casse...
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jeudi, 08 mai 2008
Perdue dans ma bulle magique
Selon les propres termes de la femme de ma vie : "Je suis trop à l'Ouest". Elle n'a pas tout à fait tort. Aujourd'hui, malgré le fait que je m'étais décidée à avancer sur mon p... de mémoire, je n'arrive pas à me concentrer... Je suis perdue dans ma bulle, dans mon monde. Je n'ai aucune envie de me caler devant ces dizaines et ces dizaines de pages. Là, tout de suite, j'ai envie de prendre ma planche à dessins. Et pourtant, il faut que je me concentre, il faut que je travaille, j'en ai tellement marre de ces putains de responsabilités.
En fin de compte, je n'ai pas envie de tenter l'allocation, je ne sais même pas si j'ai envie d'aller en thèse tout de suite. J'ai besoin de vacances, sans soucis, sans penser à rien, pour me retrouver, moi. J'ai besoin de ça. Et pourtant, pour avoir l'esprit libre, il faudrait que je termine une bonne fois pour toutes. Alors que faire ? Prendre ma journée, ne pas bosser et se lever plus tôt demain ?
Dernière tentative...
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lundi, 05 mai 2008
Rock my world (partie 1)
La fête de PaCS était terminée, il était temps de raccompagner les British à l'aéroport. C'était sans consteste la soirée la plus magique de ma vie. Tous mes amis, les gens que j'aimais avaient fait le déplacement, même les étrangers. Je me rappellais la plage, le coucher de soleil, les étoiles, la fille que j'aimais serrée contre moi, mon coeur qui battait à 100 à l'heure, mes jambes qui avaient du mal à me tenir, mes yeux qui ne pouvaient pas retenir mes larmes de bonheur. On avait discuté, fêté dignement les cinq années magiques passées aux côtés de l'Ange merveilleux qui partageait ma vie. Je me rappellait les chants, la guitare, le bain de minuit, les rires, cette sensation de voler...
Mais toutes les bonnes choses avaient une fin et les Anglais devaient prendre l'avion dans 2 heures, il fallait se dépêcher. Je les embarquais dans ma petite Saxo et filais en direction de l'aéroport. J'étais encore émue pendant le trajet et je ne pouvais pas m'empêcher de verser encore quelques larmes même si je savais que j'allais les revoir bientôt. J'adorais vraiment ces filles, elles faisaient partie des gens les plus fantastiques que j'avais eu la chance de rencontrer et le fait qu'elles soient venues de si loin juste pour moi m'avait vraiment touchée. La magie de cette nuit m'enveloppait encore...
Des images plein la tête, le coeur encore étourdi par tant d'émotions, j'arrivais enfin sur le parking de l'aéroport. Joan et Lucy partirent devant, me laissant seule avec Kate. Je la regardais, un sourire gêné en repensant à cet été, trois ans auparavant... On se connaissait déjà depuis un an et c'était notre deuxième saison à travailler ensemble. C'était d'ailleurs dans ce club que je les avais toutes rencontrées, mes British mates. Mais cet été là, j'avais failli craquer. Les images me revenaient à l'esprit... Je me revoyais assise au bar, en face d'elle, essayant de dissimuler ma gêne, essayant de ne pas rougir à chaque fois qu'elle m'adressait la parole, essayant de ne pas me montrer trop proche quand elle me passait le bras autour du cou, en toute amitié. Oui, à cette époque, je ressentais un peu plus que de l'amitié.
On avait toujours eu des relations un peu ambigües toutes les deux. Je ne calculais plus d'ailleurs le nombre de fois où les collègues avaient cru qu'on était ensemble. Apparemment, on aurait formé un beau couple. Je me rappellais la fois où on s'était vraiment brouillées, on avait crié au bar, avec les collègues qui nous regardaient, les yeux écarquillés. On ne s'était pas parlées pendant une semaine, évitant soigneusement de se retrouver côte à côte, n'accordant aucune attention aux tentatives des collègues pour nous réconcilier. Et puis, un jour, on s'était retrouvées au même moment dans les douches. On s'était regardées et elle m'avait dit :
"I'm sorry, I know I'm not a very good friend..."
J'avais souri et je l'avais prise dans mes bras : "It doesn't matter. I've been awful too. Come on, let's have a drink"
J'avais alors essayé de faire taire mes sentiments, sachant que ça ne pourrait jamais marcher. Jamais elle ne partagerait mes sentiments. Elle était hétéro et moi, j'avais une petite amie qui m'attendait en France. Comment est-ce que j'aurais pu jeter aux ordures une relation de trois ans pour quelque chose qui n'arriverait jamais ? Et puis je me disais que c'était à cause du travail saisonnier, que c'était parce que j'étais loin de chez moi, coupée du monde extérieur et que, par conséquent, tout ça prenait des proportions démesurées, je n'aurais jamais ressenti ça dans un autre contexte. Mais je ne pouvais pas m'empêcher de la regarder, de la trouver magnifique et tellement mystérieuse... J'avais rêvé d'elle presque chaque nuit... Mais c'était impossible. Je ne pouvais pas faire ça à la fille merveilleuse qui attendait mon retour... Alors j'avais fait mon deuil, ce n'était qu'un rêve...
" - Em ! What the hell are you doing ?! I'm gonna miss my flight !
- Oh ! Er... Yeah ! Sorry, I was daydreaming...
- Yeah I saw it ! Come on !"
On arrivait dans le terminal. Lucy et Joan n'étaient toujours pas revenues.
" - Oh I'm sorry, I made you hurry but in fact my flight is only in one hour !
- No problem mate !"
Je la regardais, elle avait changé depuis la dernière fois que je l'avais vue, quand elle était venue passer une semaine chez moi l'été dernier. Une chouette semaine... Elle avait maintenant de longs cheveux blonds et quelques mèches tombaient doucement sur ses yeux à chaque fois qu'elle bougeait la tête. Elle avait toujours la même attitude cependant, une princesse mystérieuse et inaccessible. On décidait d'aller s'asseoir, en attendant que les filles refassent leur apparition. Elle se tourna vers moi. Elle semblait triste, comme si quelque chose la préoccupait.
"Hey ! What's the matter, beautiful ?"
Sans m'adresser un regard, les yeux dans le vague, elle me dit d'une voix monocorde :
"- Marie is lucky to have you.
- I'm the lucky one ! répondis-je avec un sourire
- I don't know if she realizes it... You know, that stuff you did with your guitar...
- The song I made for her ? I know... It was really too much but I really wanted to do it. You know, I was so fucking scared when I took my guitar and started singing ! I thought I could never do it ! I was so scared to forget the lyrics, the chords and to make it worse than it was ! And in front of all of you... Pfiouh ! I was glad when I ended it !"
Et je me mis à rire en repensant à ce moment que j'avais imaginé tant de fois âu cours des mois précédents. J'avais eu tellement peur d'être ridicule, moi qui n'avais jamais écrit de chanson pour personne et qui n'avais même jamais chanté devant quelqu'un ! Mais Kate ne souriait pas, pas du tout. Je commençais à m'inquiéter. Qu'est-ce qu'elle pouvait avoir qui clochait ?
" - You know... That's what I've always looked for... Even if I act like I don't give a shit about that, even if I pretend I find it ridiculous... I'd love to have someone like you in my life, someone who would organize a party with all my friends for me, someone who would offer me flowers, someone who would write a song for me...
- I'm sure you'll find someone who's made for you
- You know, I've had enough of men ! They're all the same ! I could never find someone who would understand me, who would forgive my hysterical temper, someone like you..."
J'étais sciée... J'avais peur de comprendre... Est-ce que Kate avait eu une déception sentimentale, encore, et s'imaginait qu'entre fille c'était plus facile ?
" - You know, it's not easier in Lesboland ! Sometimes it's even worse ! Girls can be really annoying sometimes !
- I was ?"
Je sentais le rouge me monter aux joues. A quoi elle jouait à la fin ? Je ne savais pas trop quoi lui répondre. Oui elle avait chiante elle aussi, comme nous toutes, comme tout le monde mais quel était le rapport avec moi ? Elle avait encore du être déçue par un mec ! Je ne comprenais pas. Comment un mec pouvait ne pas se sentir bien avec une telle fille, avec une princesse comme elle ? Comment pouvait-on ne pas savourer le fait d'être avec cette fille ?
" - You know, if the guy doesn't appreciate every single minit he spends with you, well then, it means he's a massive bastard !"
Enfin, j'arrivais à lui arracher un sourire ! Ephémère... Elle fixa ses yeux dans les miens, je me sentais assez gênée mais j'essayais de dissimuler tant bien que mal mon malaise.
"- It's really a shame I didn't realize it before...
- Er, what ? realize what ?
- That you're more than a friend to me."
J'eus soudain l'impression que mes yeux étaient sortis de leurs orbites, que ma machoire inférieure trainait sur le sol et qu'un camion de plusieurs tonnes lancé à pleine vitesse avait heurté ma poitrine. QUOI ?! Qu'est-ce qu'elle venait de dire ?! Non, non, ce n'était pas possible, j'avais du mal entendre, je devrais d'ailleurs vite prendre rendez-vous chez le toubib, je ne me sens pas très bien. Je...
Et là, je n'eus même pas le temps de faire un mouvement. Le temps que je réalise ce qui était en train de se passer, elle s'était approchée de moi et avait pressé ses lèvres contre les miennes. J'étais paralysée. C'était comme si j'avais été projetée dans une autre dimension en l'espace d'un millième de seconde. Où était le terminal ? Où était l'aéroport ? Où étaient mes mains ? Pourquoi est-ce que la seule chose que je sentais, c'était mon coeur qui jouait une fanfare à lui tout seul, qui battait si fort que j'en avais mal ? Le temps s'était arrêté et mon esprit, ma capacité à réfléchir s'étaient évaporés comme de l'eau en plein soleil. Je n'avais plus aucun contrôle. Mon corps ne répondait plus à mon cerveau léthargique. Je sentis juste mes yeux se fermer, mes lèvres se presser contre les siennes, mes mains caresser ses longs cheveux... Elle me serra plus fort. L'émotion était si forte que je crus que j'allais m'évanouir. J'étais totalement désarmée. Je sentis sa bouche s'entrouvir, la mienne fit de même et, dans un dernier soupçon de conscience, je savourais la sensation divine de sa langue qui caressait doucement la mienne.
Quand j'ouvris enfin les yeux, j'eus l'impression qu'un demi-siècle s'était écoulé. J'étais complètement assommée, j'avais le souffle coupé et mon coeur battait si fort que j'avais l'impression que le monde entier pourrait l'entendre. Le sang battait furieusement mes tempes. Je levais les yeux vers la responsable de tout ça. Je voulais être furieuse, lui dire qu'elle n'aurait pas du faire ça, pourquoi pas la giffler mais la voix qui sortit de ma bouche fut celle d'une enfant intimidée :
" - What the hell did you do ?!
- You know what I did. The question is : why did you kiss me back ?"
Argh ! J'étais coincée. Je ne me rappelais même plus ce que j'avais fait, à vrai dire, ce mon corps avait fait. Je me rappelais juste cette sensation délicieuse de...
" - You're blushing ! You're smiling ! Is it possible that you...
- Stop it ! Shut the fuck up ! I have a girlfriend and I love her ! We've been together for 5 years and I love her ! Do you understand ?! I LOVE HER !"
Je criais presque maintenant, répétant que j'aimais Marie comme pour essayer de me convaincre que ce que je venais de vivre n'avait, après tout, aucune importance. La vérité, c'est que j'avais attendu ce moment depuis 3 ans. Même si j'avais décidé de ne plus rien attendre de Kate, j'avais toujours gardé l'espoir secret, enfoui au plus profond de mon coeur, là où même Marie ne pouvait pas aller, que ce moment arriverait. Mais je ne savais pas quoi faire. Je ne savais pas si je devais hurler de bonheur, si je devais me blâmer, ou si je devais faire comme si rien ne s'était passé... Et bien sûr je n'avais pas le temps de réfléchir, elle repartait pour l'Angleterre et moi je devais retourner auprès de la fille que j'étais sensée aimer de mon être. Pourquoi est-ce que ça ne s'était pas produit plus tôt ? Après tout, ça n'aurait pas rendu les choses plus faciles.
"- Why Kate ? Why are you doing this to me ?? I'm gonna get married for God's Sake !! You came to my wedding party ! And now you're doing this to me, why, bloody hell, why ?? You want to ruin my life because you're not lucky with guys ? I'm not a toy ! Would you tell me why you did that ? Fuck ! I trusted you ! How could do that ?"
Ses grands yeux bleus ecarquillés m'adressèrent un regard à la fois supris et triste. Apparemment, elle ne s'attendait pas à une telle réaction et, pour être franche, moi non plus. Elle fronça les sourcils et répliqua, un brin énervée :
" - Shit, Em ! I know you're not a fucking toy ! I wanted to be honest to you. I've been waiting so long to tell you this...
- You told me nothing, you just stuck your lips on mine !
- Well, then, it doesn't seem like you hated it...
- Stop fooling around ! And please stop smirking ! Tell me why.
- Ok, ok, don't shout ! The truth is I love you, I've loved you for long but I was too scared to admit it and then too scared to tell you when I came last summer to your place. You know I didn't want to get in the way between Marie and you and I didn't want to take advantage of the situation when I came to your place, because she wasn't there. And, you know, I was sure you would never feel the same as me. You were supposed to be madly in love with Marie, you, twat ! And I was supposed to be straight ! I didn't know what to do ! And now, I just felt like I had to do it, I had to tell you before I leave, before you get married, before I miss the opportunity to tell you about my feelings. I kept it for such a long time ! And during the party you were so dashing, laughing, playing the guitar, I never saw you like that, you were amazing and so it was too hard for me to leave without telling you. But I never expected you would kiss me back...
- I didn't expect that to happen... Not like that.
- What ?! What do you mean "not like that" ?"
Je ne pouvais m'empêcher de sourire, je ne pouvais pas m'empêcher de ressentir une joie immense s'emparer de mon coeur, même si je pensais aussi à Marie. Kate m'aimait. J'étais aux anges.
Je sursautais quand j'entendis quelqu'un lancer joyeusement :
"-What are you doing you two ? Hiding ?"
C'était Joan. Elle nous regardait avec un petit sourire en coin en lança un clin d'oeil à Kate :
"-So you told her ?"
Quoi ?! Je bouillonnais. Alors comme ça, cette petite saleté avait prémédité son geste ? Et en plus elle en avait parlé à Joan ?! La fille la moins discrète que je connaisse ! J'étais vraiment dans une situation précaire... Je lançais un regard furieux à Kate qui se mit à rougir et répondit avec un sourire moqueur :
"-No, I didn't tell her about the wedding present."
Oups !
Lucy ne tarda pas à arriver. J'addressais un dernier au revoir aux filles, les remerciais pour être venues. Puis je les serrais fort dans mes bras, tentant vainement de bloquer les larmes qui me montaient aux yeux. Elles passèrent les portes d'embarquement, promettant qu'on se reverrait très bientôt. Et une fois encore, je me retrouvais seule avec Kate qui s'était éclipsée juste après avoir lancé un rapide "Bye !" aux filles. De toute façon, elles habitaient la même ville alors je savais très bien qu'elles allaient passer la soirée ensemble dès le lendemain, ne serait-ce que pour faire un debriefing de leur rapide séjour ici. Je retournais m'asseoir, repensant à ce que Kate avait dit, à ce qu'elle avait fait et surtout à ma réaction. Bon sang ! J'étais sensée être amoureuse de Marie, elle était sensée être la femme de vie et je me laissais embarquer dans je ne sais quelle histoire avec une amie pour qui j'avais une vague attirance quelques années auparavant ? Qu'est-ce qui m'arrivait ? La sensation des lèvres de Kate posées sur les miennes, de son baiser plus doux que le miel, de ses bras qui me serraient contre elle me revint tout d'un coup.
"-Good news !"
Je sursautais.
"- Quoi ? Euh... What ?
- I'm not leaving today !
- If it's one of your stupid jokes, it's not funny !
- Will you stop being so grumpy ? It's not a joke ! We didn't finish our conversation and I don't want it to end like that. I want more time with you to sort this thing out."
Alors là, je n'en croyais pas mes oreilles. Je suis certaine qu'à ce moment là, ma tête a du ressembler très fortement à celle de Nikki Larson se prenant un gros coup de massue parce que Kate a littéralement explosé de rire. Bien, il fallait tirer la situation au clair. Je la saisis par la manche et l'entraînais vers la voiture, tête baissée, sourcils froncés. Je lui ouvris le coffre et lui fis signe de mettre son sac dedans.
"- I thought you'd be really furious
- Well, I am but you already decided, right ? You're so stubborn. What else can I do ?
- Hmm, let me think... You could kiss me."
Et encore une fois, avant d'avoir eu le temps de faire le moindre mouvement, elle me serra contre elle et posa ses lèvres contre les miennes. Mes jambes ne me tenaient plus. J'avais essayé de garder la tête froide mais une fois encore, mon cerveau se mit en stand-by. Une pluie d'étoiles se mit à tomber devant mes yeux. Je la serrais plus fort. Mon coeur allait exploser, c'était certain, j'allais mourir là, tout de suite, mourir d'amour pour une fille qui n'était pas celle avec qui je devais passer le reste de ma vie. Elle me caressa doucement les cheveux. Je tentais de reprendre un peu d'air, mais elle m'embrassa encore, et encore. Ses baisers se firent plus pressants, plus intenses. Je sentais tellement d'amour m'envahir que s'en était suffocant. Je la plaquais contre la voiture, je laissais sa main remonter le long de mes hanches, caresser ma poitrine, je laissais sa jambe se caler entre les miennes. Bon sang qu'est-ce qui m'arrivait ? J'avais le tournis, c'était mieux que les montagne russes ! Je sentais sa langue caresser mes lèvres, envahir ma bouche, jouer avec la mienne, c'était trop bon ! Elle embrassait comme une déesse ! Et son corps était là, contre le mien, j'avais envie de plus, j'avais envie de...
STOP
Je l'avais repoussée, dans un accès de conscience et j'étais là, le souffle coupé, comme si je venais de courrir le marathon, m'appuyant tant bien que mal sur la voiture, regardant autour de moi. J'étais revenue brutalement à la réalité mais fort heureusement, aucun atroupement de badauds n'avait assisté à ce qui venait de se passer.
"- Wow, Em ! That was...
- Will you shut the fuck up ! Stop kissing me around ok ? Stop it !
- Er, if you want but I'm sure you enjoyed it as much as me !
- Of cource I did ! but..."
Je me suis arrêtée net. Qu'est-ce que je venais de dire ? Elle me faisait vraiment perdre mon sang froid. J'avais admis sans sourciller que j'avais adoré, ce qui n'était pas totalement faux. Alors que faire maintenant ? L'emmener dans un coin désert, lui faire l'amour et retourner à ma vie normale, quitter Marie sur le champ pour vivre une passion sans lendemain avec une hétéro fraîchement convertie ou choisir le déni total ? Une chose était certaine, je ne m'étais pas sentie aussi dépossédée de moi-même depuis longtemps. J'étais en feu et je savais que j'avais furieusement envie de Kate. Elle n'arrêtait pas de me fixer et j'avais l'impression de me noyer dans ses grands yeux bleux. Est-ce qu'elle m'aimait ou est-ce qu'elle voulait juste tenter une expérience ? Et moi ? Je voulais céder mais cette foutue morale me rappelait à l'ordre. Je devais savoir.
"- Kate, do you love me or do you just wanna try it with a girl ?
- I already told you ! I love you ! I can't help it ! I'm so sorry to be here, creating problems for you and Marie ! I wish I didn't have those feelings for you but it's too strong for me, I never felt that before, it's like I was bounded to you ! I can get you off my mind !!"
Elle se jeta dans mes bras et se mit à pleurer. Elle m'aimait vraiment, alors ? Et moi ?
La suite bientôt...
19:56 Publié dans Nouvelles d'écrivain amateur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, lesbien, amour, shojo-ai
dimanche, 04 mai 2008
En pleine harmonie cosmique !
Ben voilà quoi, je vis à fond ma révolution intérieure, ma renaissance, mes shakras sont ouverts au maximum !
Pour résumer : je n'ai jamais été aussi amoureuse de ma chérie, je ressens à nouveau ces petits papillons dans le ventre, cette impression de voler, que mon coeur va exploser tellement il bat fort. J'ai brisé mes chaînes, fait péter toutes les barrières que j'avais mises autour de mon coeur croyant le protéger, je l'avais juste anésthésié ! J'ai retrouvé mon hypersensibilité. J'arrive au bout de mon mémoire, je ne veux pas aller en thèse, je commence enfin les cours de japonais pour mon plaisir perso, je veux reprendre le dessin, le judo, la plongée, faire de la danse pourquoi pas, partir en voyage, prendre le baluchon, aller à la Réunion et...
VIVRE VIVRE VIVRE
JE SUIS LIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIBRE !!!!!
WOUHOU !!
21:38 Publié dans Quite a big deal | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



