samedi, 31 mai 2008
Etre homos ne suffit pas pour être potes
Presque 2h du mat. Retour de soirée. Enfin, si on peut appeler ça une soirée. J'étais conviée à ma première soirée "lesb" depuis que je suis dans le sud. L'anni d'une fille que j'ai rencontrée quelques mois plus tôt. Invitée discrètement par sa copine pour une fiesta surprise, je me suis pointée dans le bar lesb préféré des miss, au milieu de gens que j'avais jamais vus. Je m'étais bien sapée pour l'occase. A peine arrivée, une des filles commence à me faire du charme. J'ai senti le rouge me monter aux joues, trop mal à l'aise, je savais pas quoi dire. Moi qui, d'habitude, suis la grande gueule de service, qui fait sa dragueuse à deux balles, qui parle avec tout le monde, je me suis retrouvée complètement tétanisée, entourée de nanas. Là, rien de surprenant à ce que deux filles s'embrassent, aucun regard amusé à la vue des petites caresses furtives, ambiance certes féminine mais presque too much. Je tremblais, je n'ai jamais été aussi mal à l'aise. Je suis sortie fumer clope sur clope pour essayer de me détendre, de discuter, d'engager la conversation, rien à faire. Du coup, j'ai picolé. Avantage de la soirée : la copine de la fille qui fêtais son anni a tout payé et, pour moi qui suis en rade de tunes à force d'aligner les sorties en mode "je fuis la coloc", c'était inespéré.
C'est vrai que j'ai toujours dit que ça me manquait de pas avoir ma bande de copines homos, de délirer sur les nanas et tout mais, en fait, j'ai eu l'impression terrible ce soir qu'un monde peuplé uniquement de nanas serait assez terrifiant. La personne avec qui j'ai le plus discuté c'était le seul mec hétéro de la soirée. Les femmes me font peur, en fait. C'est facile pour moi de dragouiller les hétéros parce que je suis en position de force, je les choque un peu, ça me fait rire et je sais qu'il ne se passera rien, je ne risque rien. Mais, quand une lesb qui s'assume me fait du charme, je suis en stress total, je sais pas pourquoi. Je n'ai aucune copine homo, ça me manque, c'est vrai. Mais je n'aime pas le milieu gay. Etre au milieu d'un bar lesbien, entourée de lesbiennes avait quelque chose de flippant pour moi, comme si je me retrouvais coincée dans une sorte de ghetto. Ce soir, certes je ne connaissais personne mais d'habitude ça ne m'empêche pas d'engager la conversation, en tout cas, je ne suis pas complètement angoissée et je ne fume pas 10 clopes en une heure tellement j'ai la tremblotte. Il n'y a qu'au bout de ma 2è pinte de bière et de mon 3è verre de champagne que j'ai commencé à me détendre un peu. Alors, quand la fin de la soirée a sonné, j'ai presque regretté de ne pas être allée me murger avec mes potes hétéros pour fêter dignement le rendu du mémoire (ce matin). Parce que bilan : je ne suis pas bourrée, ma copine me manque atrocement à force d'avoir des nénettes se rouler des paloches pendant 4 heures, je me sens seule et j'ai tellement un coup de blues que j'ai presque envie de me prescrire mon remède anti-déprime en cas d'urgence à savoir Coup De Foudre A Notting Hill.
Je ne traîne qu'avec des hétéros et je m'en fous. Je ne traîne qu'avec des gens sympas, c'est tout, peu importe ce qu'ils sont. Je hais les bars homos. Moi ce que j'aimerais c'est avoir une bande de potes et qu'on soit deux ou trois lesb dans le lot. Mais moi, les soirées entre couples lesbi, je trouve ça d'un déprimant... Alors oui, j'étais la plus jeune de la soirée, et de loin. Oui je connaissais personne, c'était peut-être de la faute à tout ça. J'ai essayé de m'intégrer, c'est loupé je crois et j'en retire une impression de grande tristesse.
J'aurais tellement aimé avoir des copines lesbiennes qui sont dans le même délire que moi. Je me suis sentie très seule ce soir. Je sais très bien que Pat, malgré ce qu'elle m'a dit, ne me rappellera pas. On ne se fait pas d'amis dans le sud, juste des potes, des collègues de soirée, point barre. Ce que cette soirée m'a appris en tout cas, grande naïve que je suis, c'est qu'avoir la même orientation sexuelle n'est pas un critère de délire suffisant. Moi, tout ce que je voulais, c'était parler nanas sans avoir à subir les regards de traviol du "hé, poulette, tu es la minorité qui devrait être plus silencieuse".
Larmichette...
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lundi, 25 février 2008
I'm out
Après environ 5 ans, il semblerait que mon Coming-Out ait enfin été intégré et compris par ma famille proche. Je suis revenue ce week-end, j'ai pris quelques jours de vacances pour rentrer passer quelques jours dans la famille. Evidemment, ma chérie était du voyage. Après une escale dans le 63 pour faire la tournée des potes, je reçois un message sur mon portable :
"Je voulais savoir si tout voulait emmener ta copine manger à la maison ce soir, quand tu rentreras de Clermont. Ca nous ferait plaisir qu'elle vienne"
Scotchée, j'annonce la nouvelle à ma Douce. C'est la première fois, en 4 ans et demi, que mes parents invitent officiellement ma chérie à manger. Ils la connaissent, depuis le temps, savent qu'on est ensemble mais jamais ils n'avaient officialisé la chose. Quand j'étais ado, je ne m'entendais pas du tout avec mon père. On se reparle bien depuis 1 an et demi, 2 ans. Il n'acceptait pas du tout mon homosexualité et me répétait souvent depuis qu'on avait repris contact :
"Je respecte ton style de vie mais je ne l'accepte pas"
Et là, pour la première fois en 5 ans, pour la première fois depuis que je suis avec ma Douce, ils ont accepté. Mon père a été tout a fait gentil avec elle, ce qui est quand même assez surprenant venant de lui. Je ne peux qu'imaginer les efforts qu'il a fait, car l'invitation, au départ, venait de lui. C'était les 16 ans de mon frère et ma copine, celle que je considère comme la femme de ma vie, a pu enfin se sentir acceptée par mes parents. Mon frère aime bien ma Douce, ils s'entendent bien. Ma mère a bien réagi. Mais je me demandais si mon père allait comprendre et accepter un jour. Il a fait cet effort. Après toutes les engueulades et les relations de conflit, d'affrontements, de haine que j'ai pu avoir avec lui, je suis très fière et heureuse qu'il ait fait ce geste.
Ma Douce était ravie, elle qui s'est sentie si souvent rejetée et qui a souvent eu l'impression de devoir se cacher devant ma famille. Ca fera bientôt 5 ans qu'elle partage ma vie, il était temps ! Le Coming-Out, ce n'est pas une sinécure sur le moment mais, au bout d'un certain temps, on se rend compte qu'on est bien mieux dans ses baskets quand on est sorti du placard.
Alors, maintenant, quand n'importe quel autre membre de ma famille me demandera si j'ai un copain ou quand je leur présente mon Jules, je leur répondrai sans sourciller :
"Je n'ai pas de copain, je n'en aurai jamais, je suis homo, j'ai une copine depuis 4 ans et demi. Et si vous vous demandez pourquoi je ne l'ai pas dit avant, je vous répondrai que c'était pour mes parents, pour ne pas les confronter à votre regard. Mais maintenant que je sais qu'ils m'acceptent comme je suis, je vous demande de faire de même. Depuis des années et surtout depuis 5 ans, je fais semblant. C'est terminé maintenant."
I'm out !
23:35 Publié dans LesboLand | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coming out, famille, lesbien, tolérance



