mercredi, 23 juillet 2008

Trop de questions

Tu écris encore à cette heure ? ben oui.

Qu'est ce que tu racontes depuis tout ce temps sans blogger ? J'ai pas eu l'allocation, mon monde s'est écroulé en deux jours puis ont suivi 3 semaines de chantier, des hauts, des bas, des gens cools, des gens moins cools. Pour une fois j'étais pas la seule lesbiche au milieu des gratteurs de cailloux, marrant.

 Maintenant ? Déménagement, le plus urgent, plus que 15 jours à tenir dans cette coloc minable. Puis recherche d'emploi, un job à la con pour payer le loyer parce que quitte à galérer autant le faire au soleil.

Moral ? Mitigé. Chérie est partie aujourd'hui. Je l'ai pas vue longtemps. Je la revois que dans un mois. J'ai envie d'elle là, tout de suite, et je peux pas. C'est frustrant, too much. J'ai envie d'elle et j'en peux plus de la voir partir aussi vite qu'elle est arrivée.

Finances ? Sujet tabou en ce moment.

Projet ? Ne pas me retrouver sous un pont dans un mois, ne pas avoir à retourner vivre chez mes parents, la queue entre les jambes parce qu'aucune de mes grandes idées n'aura fonctionné.

Alors ? Malgré tous mes efforts, j'aurai la même vie que tous les pelés de base, je dois me fondre dans le moule comme les autres. 6 ans d'études n'auront rien changé. Ca me laisse un goût un peu amer.

T'aimerais faire quoi ? Me voir pousser des ailes dans le dos comme Van Fanel dans Vision d'Escaflowne, m'envoler, guitare en bandoulière sur un fond d'Explosions in The Sky ou même des Smashing Pumpkins, surfer sur un nuage blanc cotonneux, aboutir dans une prairie avec un petit ruisseau, y retrouver ma chérie dans un costume de Trinity et faire l'amour jusqu'à la fin des temps.

 ...

samedi, 21 juin 2008

I am what I am

C'est amusant de voir comme les choses peuvent changer en si peu de temps. Il y a un mois de ça, j'étais inconnue au bataillon des apprentis chercheurs, je ne voyais pas le bout du tunnel sans fin de la coloc, je passais mes journées à rédiger le mémoire qui a pompé presque 2 ans de ma vie. J'avais presque renoncé, je commençais à démarcher les divers Office du Tourisme pour avoir un éventuel poste à l'accueil, je m'étais inscrite aux concours d'attaché territorial. Je m'étais résigné à faire partie de ces gens qui ont un rêve qui s'effiloche au fil des années, et qui disent des années plus tard, "c'est la vie, j'ai du poser mes pieds sur terre et rentrer dans le moule". Mais, bizarrement, je ne le vivais pas si mal que ça, j'étais allée au bout de mon boulot, une page se tournait, point barre. Pas de larmes, pas d'états d'âme, je relativisais beaucoup.

Mais suprise, il semble que le destin ou je ne sais quoi ai décidé de s'amuser encore un peu avec moi. Alors, avec un petit sourire en coin, je lève les yeux vers le ciel sans nuages et je lance un "merci, Grand Esprit...". Je n'ose pas trop imaginer ce que pourrait être ma vie dans les trois prochaines années si je faisais finalement partie du petit groupe d'élus à qui on tend une belle perche, à qui on ouvre la voie royale vers le micorocosme de la recherche. Je ne veux pas avoir de trop grandes espérances. Je ne supporte pas le regard condescendant de certains thésards qui, en sciences dures, n'ont pas à batailler comme les clodos des Sciences Humaines pour avoir un financement : "il ne faut pas que tu fasses ci, ou ça. Tu verras la thèse c'est galère...". Ils se plaignent mais sont bien contents de les avoir, les allocs, d'avoir pu vivre leur rêve là où tant d'autres se sont cassés les dents. Je savoure ma chance, j'ai conscience de faire partie de la minorité à qui on offre une chance. Ce n'est pas un fardeau, c'est une reconnaissance, après tout ce travail, après toutes ces années passées à batailler, à croire en sa chance, à se dire que j'y arriverais, à ne pas écouter tous les rabats-joie qui me disaient que j'allais dans le mur. Je me suis battue pour être là alors je ne vais certainement pas être d'accord avec le petit groupe de snobinards qui se plaignent. Etre payé pour faire une thèse, c'était mon but depuis le début. Et j'ai eu presque envie, hier, de leur répondre ceci :

Mes amis, j'ai tellement galéré ces dernières années, je suis passée par tous les stades, je sais très bien où sont mes limites, je connais les erreurs à ne pas reproduire et, sans vouloir être trop présomptueuse, je pense me connaître mieux que vous ne me connaissez. J'ai presque mis mon couple en jeu, j'ai mis beaucoup de choses dans la balance, je sais très bien où je vais. Je ne suis pas la même personne qu'il y a deux ans. J'ai le sentiment d'avoir enfin, au bout de toutes ces années, compris qui j'étais. Alors, si j'arrive, par miracle, à décrocher ce financement, je me dirai que tout ce que j'ai fait n'a pas été pour rien.

Je dois mettre mes dernières forces dans cette ultime bataille. Et en même temps, je prends ça comme une bonne surprise parce que c'est toujours quand on s'y attend le moins que les bonnes choses arrivent, quand on pensait que tout était fini. Alors je ne m'attends pas le moins du monde à décrocher cette alloc, je suis déjà très fière de pouvoir défendre mon travail. Je me fierai à mon instinct, à mon expérience qui me disent de rester cool, de faire mon maximum, sans prise de tête car moi, contrairement aux poulains des labos, je n'ai aucune pression sur mes épaules, je suis l'outsider. Et ma vie ne s'arrêtera pas si je n'ai pas de financements, quoiqu'il arrive, j'irai me blottir dans les bras de mon Ange en me disant que c'est chouette la vie.

lundi, 26 mai 2008

Fuck Society !

Je crois que je me suis rarement sentie aussi fatiguée, vidée, sans énergie qu'aujourd'hui. Y'a des jours comme ça, y'a des semaines comme ça où il vaudrait mieux rester couchée. J'ai l'impression que ma vie part un peu plus en lambeaux chaque jour. Chaque jour, j'ai un rêve qui se fracasse, chaque jour je ressens davantage le poids étouffant de cette société sclérosée, chaque jour j'entends les insultes, les leçons de morale et chaque jour, je me sens un peu plus diminuée. Et dire que moi, avec moi, j'étais bien dans mes baskets. C'est les autres qui me bouffent, devoir rentrer dans le moule, être une espèce de saloperie de mouton léthargique qu'on amène docilement à l'abatoir. Moi je voulais autre chose. Je voulais bouger, voir le monde, je voulais pas vivre une vie ordinaire et me voilà, comme ce putain de commun des mortels, condamnée à me conformer à un monde que j'ai toujours eu en horreur.

Entre tous ceux qui font la morale, qui hurlent sans cesse les "tu devrais, tu aurais du" et ceux qui vous regardent d'un air condescendant en vous lançant un "il faut arrêter de rêver" méprisant, je me sens pleine de rage et en même temps tellement pathétique. J'étais si bien et il a fallu que la société me détruise, me ronge, me cloisonne entre quatre murs. Et tous ces abrutis, tous ces cons qu'il faut sans arrêt se taper ! A longueur de journée tu passes ton temps à te taire, à ramper, à te laisser faire par des brochettes de connards. Et toi, tu devrais en plus te justifier, limite t'excuser d'avoir voulu, ne serait-ce qu'un moment suivre tes rêves, tu dois demander l'absolution sociétale pour avoir eu l'impudence de t'imaginer que tu pourrais les réaliser, faire le boulot qui te faisait pétiller les yeux étant gosse. Ce qu'on nous raconte quand on est gamin, c'est du flan : "travaille, sois le meilleur et rien ne te résistera", quelles conneries !

Je ne me suis jamais sentie autant coincée. Je vis avec un malade mental alcoolique qui me lance des "branleuse" à tour de bras et là encore je dois la fermer sous peine de représailles, ma Douce me manque tellement que j'en ai mal, je n'irai pas en thèse faute de financements, mes amis me regardent presque avec pitié, mes parents m'ont fait le coup du "soit tu trouves un boulot dans les deux mois, soit tu reviens vivre chez nous et tu bosses à Auchant", j'ai pas trouvé une seule annonce d'emploi qui corresponde à mon profil, j'ai un super problème de dents et je viens d'apprendre que j'en serai de ma poche pour payer une couronne, la fête de Pacs du mois d'août a de grandes chances d'être annulée vu que je trouve pas d'hébergements pour un groupe, si je trouve pas de boulot j'aurai pas de quoi me payer d'appart... J'ai envie de hurler et de m'enfuir en courrant, quitter ce pays, refaire ma vie avec ma Douce dans une yourte au milieu d'un troupeau de chèvres. Et encore je peux même pas, vu que j'ai pas un radis !

Comment ? Dans la vie on ne fait pas toujours ce qu'on veut ? Tu parles ! Dans la vie, on ne fait jamais ce qu'on veut, jamais.

Personne vend des cordes pas chères ?

samedi, 10 mai 2008

Ce n'est pas chez moi : je vis chez lui

Rentrée à 6h30, à la pique du jour, après ma première soirée sur la plage depuis que j'ai migré vers le sud. Ce matin, j'aurais aimé me lever et ne trouver personne à l'appart, personne pour parler, personne pour squatter la cuisine pendant que je me prépare ma quiche aux poireaux, personne pour fumer une clope sous mon nez quand j'essaie tant bien que mal d'arrêter, personne pour me lancer des vagues "salut". J'aurais aimé savourer ma solitude, ne pas avoir à supporter la vie en communauté. J'aurais aimé mettre la musique à fond, ne pas avoir à supporter le métal pourri imposé par le coloc. J'aurais aimé ne pas les voir, sa copine et lui, se sourire et s'enfermer dans sa chambre, entendre les rires, les voix, et plus...

Ca va faire bientôt 3 semaines que sa copine vit à l'appart. Les soirs où elle n'est pas là, je retrouve le coloc bourré comme un coin tout seul dans sa chambre qui me soule avec son jeu de foot, son PES. Oui j'aime bien y jouer mais plus avec lui. Depuis qu'il s'est incrusté dans une de mes soirées et qu'il a provoqué tout les gars avec ses 3 grammes dans le sang, je ne le supporte plus. Il ne fait pas le ménage, forcément, sa copine est toujours là, il est à peine aimable. Il me soule. Et puis, même si j'aime bien sa copine, j'en ai ras le bol qu'elle squatte l'appart sans arrêt. J'en ai vraiment ras le bol de me retrouver au milieu quand moi, ça fait trois semaines que je n'ai pas pu serrer mon ange contre moi. Alors j'essaie de ne pas y penser.

Mais sincèrement, ça me soule vraiment qu'elle soit là tout le temps. J'aimerais pouvoir me balader en slip dans l'appart si je veux, prendre ma guitare et brailler une reprise pathétique de Janis, j'aimerais inviter des gens, faire une bouffe chez moi, ça fait 8 mois que je reçois plus personne. Malgré ma grande harmonie spirituelle, j'avoue que ça me soule de voir que la coloc est vraiment devenu pour le coup, l'appart DU coloc et moi, je ne suis que de passage. En fait il accepte de partager son chez lui. Ce n'est pas chez moi ici.

Vivement que je casse...

jeudi, 08 mai 2008

Perdue dans ma bulle magique

Selon les propres termes de la femme de ma vie : "Je suis trop à l'Ouest". Elle n'a pas tout à fait tort. Aujourd'hui, malgré le fait que je m'étais décidée à avancer sur mon p... de mémoire, je n'arrive pas à me concentrer... Je suis perdue dans ma bulle, dans mon monde. Je n'ai aucune envie de me caler devant ces dizaines et ces dizaines de pages. Là, tout de suite, j'ai envie de prendre ma planche à dessins. Et pourtant, il faut que je me concentre, il faut que je travaille, j'en ai tellement marre de ces putains de responsabilités.

En fin de compte, je n'ai pas envie de tenter l'allocation, je ne sais même pas si j'ai envie d'aller en thèse tout de suite. J'ai besoin de vacances, sans soucis, sans penser à rien, pour me retrouver, moi. J'ai besoin de ça. Et pourtant, pour avoir l'esprit libre, il faudrait que je termine une bonne fois pour toutes. Alors que faire ? Prendre ma journée, ne pas bosser et se lever plus tôt demain ?

Dernière tentative...

dimanche, 20 avril 2008

Enfer artificiel

Homo, hétéro ou autre... Peu importe l'étiquette qu'on nous colle, on se bat contre les mêmes conneries, tous autant que nous sommes. Certains d'entre nous, parasites d'êtres humains, semblent s'en sortir mieux que d'autres. Je pensais vraiment être au fond du trou il n'y a pas si longtemps mais quand je vois l'espèce d'épave de la piaule d'en face, je me dis que je m'en sors pas si mal que ça, moi qui ai toujours pas de boulot, qui suis toujours pas installée dans la vie dite "active" avec la maison à crédit sur 30 ans, le chien, une pauvre daube de Scénic pour emmener les mioches à l'école en partant tamponner des saloperies de papelards au bureau.

Je vis aux crochets de la société et alors ? On doit tous alimenter le monstre de la consommation, moi je ne ponctionne qu'une toute petite part du gateau. Je vis avec pas grand chose, pas des masses d'espèce sonnantes et trébuchantes. C'est tellement que dalle tout ça. Cette année, je suis venue là pour aller au bout d'un truc qui me semblait important, ouais ça l'était sur le coup ça sonnait pas mal "Doc'". Mais tu vois, tout ce que je fais ici, là, ça n'a aucun putain de sens si t'es pas là, si je partage pas ça avec toi. Une grande leçon de ce superbe film "Into The Wild" c'est le que le bonheur n'est le bonheur que quand il est partagé. C'est exactement ce que je ressens depuis que je ne noie plus ma routine pourrie dans tes bras magiques.

Tu n'es pas là ce soir pour me dire que c'est pas grave, que ça va s'arranger, qu'on va prendre notre baluchon et foutre le camp loin de cette société artificielle, qu'on va arrêter de se transformer en zombies numériques perdus dans un océan digital. Tu n'es pas là ce soir pour le carresser doucement le visage et me regarder tendrement. Je ne peux pas ressentir ce soir cette sensation terrible du "peu importe, je m'en fous, tant que je suis avec toi ça roule". Avant on s'envoyait en l'air comme si c'était la fin du monde tous les soirs, on se laissait pas enfermer dans ces schémas puants qu'on nous impose depuis notre plus tendre enfance à grands coups "d'ils vécurent heureux avec 35 mioches, 2 belles mères et ne noyèrent jamais leur existence fade dans l'exta et le whisky bon marché".

Tout au long de ces derniers mois, j'ai recherché les frissons en éclusant des littres de bières pour piccolos syrosés, moi qui croyait que j'en avais terminé avec toute cette merde, me revoilà à revivre ma 2è année de DEUG où je trainais avec les pires raclures en tolérant les pires trucs. Peut-être que là, c'est tout simplement "too much". Peut-être qu'à force d'en parler, je vais le faire, fouttre le feu à tous ces papelards, briser une bonne fois pour toutes mes chaînes et partir sur la route avec toi parce que ma place elle est là, avec toi. J'ai fait des trucs chouettes dans ma vie mais c'est toi qui détiens mes doses d'adrénaline, ma came c'est toi et à chaque beuverie pseudo-amnésique, je ressens davantage ton absence.

mercredi, 16 avril 2008

Up in the room...

787565176.jpgUp in the room, I'd take everything from you babe !!!!!!!!!

I spent the evening drinking and playing video games with my roommate and, just right now, I'd like to see youwaiting for me in my room... I'd like to see you nearly naked, tempting me... I know I drank too much, I know I smoked too much but these are the kind of visions I see in my mind when I'm like that ! I'm seeing you wearing those exciting suits, exciting me, kissing me... I don't wanna see anyone else but you.

My god ! You excite me so much !!!

 I'd love to dance with you.

Putain de Dieu imagine quand on va avoir notre propre appart !!!!! Réveille moi à n'importe quelle heure avec des propositions indécentes !! C'est trop énorme ! Tu sais que mes parents ont proposé de payer la différence pour prendre un F3 en août ?? Juste pour qu'ils puissent desendre dans le sud certains weekends !!! Tu vas voir mon amour, peu importe où on sera, on sera ensemble et ça c'est le pied !! Je rêve qu'on se paye des cuites toutes les deux, qu'on se défonce toutes les deux et qu'on fasse l'amour comme si c'était la fin du monde sur fond de Mr Airplane Man, des Doors, de Jimi et compagnie !

I LOVE YOUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUU !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Putain t'imagines même pas à quel point j'aimerais pouvoir prendre ma guitare, chanter quelques chansons, te composer un truc sans avoir à  faire attention au bruit, aux colocs, à rien. J'aimerais ne pouvoir penser qu'à moi, qu'à toi et faire ce que j'ai envie de faire en pensant à toi, sans avoir à me soucier de personne...

;-)

You know what I'm talking about...

vendredi, 21 mars 2008

Soirée dingue au pays des fous

Encore une soirée pas du tout constructive ce soir. Je me couche partagée entre compassion et colère intestine. Que faire avec lui ? Je vis avec quelqu'un qui parle de mort et de meurtre. L'ex bloc soviétique le hante comme un fantome hante les vieux manoirs poussiéreux. Je ne supporte plus ses allusions. Et pourtant j'aimerais l'aider. Je me dis que si c'est un sociopathe ou un "pathe" peu importe, à la limite, je n'aurais rien à calculer en dehors du fait de faire profil bas. Il est sympa, quand il veut. Les trois quarts du temps il ne veut pas. Je hais sa violence, ses propos. Et en même temps sa mère n'est plus là alors mon côté "j'essaie de comprendre mon prochain" reprend le dessus.

J'avais passé une chouette après-midi à parler allemand avec une lesbienne allemande extrêmement sympatique. J'avais l'impression d'avoir bossé. Si seulement. Si seulement j'avais la soirée qui va avec une bonne journée. Je ne supporte plus cet appart, je ne supporte plus cette coloc et pourtant, la fuite vers les plateaux aveyronnais ne me réjouit pas, même pour rejoindre ma dulcinée. Trop de boulot. Mais voilà, je vais devoir supporter les beuveries, l'ennui, la crainte, le climat de suspicion permanente.

J'ai tellement hâte de pouvoir revivre avec elle, je compte les jours. Si seulement le boulot allait bien !

J'en peux plus.

J'espère tenir jusqu'au mois d'aout mais la coloc, ne m'en parlez plus. Jamais plus.

lundi, 17 mars 2008

Temps nuageux, moral aussi

Je me suis remotivée pour aller au bout de mon mémoire et tenter ma chance aux allocs. Je m'en étais presque fait une raison. Mais en fait, je m'aperçois, après avoir passé deux jours au milieu de mes collègues et en ayant ressenti ce bonheur de faire à nouveau partie d'une équipe, que pour bien bosser, il ne faut pas bosser seule. Je ne bosse pas chez moi tout simplement parce que je m'ennuie. Alors que, pourtant, j'aimerais torpiller ma masse de boulot à la vitesse maxi.

Alors j'essais de penser au positif, à ma Douce qui serait si fière de moi si j'allais au bout, à tous ces gens que je pourrais moucher si j'arrivais à tenter cette alloc et surtout à moi, qui réaliserait mon rêve, qui me serait battue là où tant d'autre ont baissé les bras. Là et seulement là, je pourrais dire que je suis une nana qui s'accroche et qui ne s'avoue pas facilement vaincue.

Qu'est ce que je dirai si dans quelques semaines, j'échouais seulement parce que je me serais trop écoutée, seulement par ennui, par paresse, par excès de facilité ? Un petit verre ce soir pour se changer les idées, ou pas mais en attendant, retourner au boulot et y croire, plus que jamais, y croire !

lundi, 10 mars 2008

Parce que le mot "avenir" est absent du vocabulaire universitaire

Je commence à réaliser certaines choses. Commencer à réaliser alors qu'on prépare un bac+5, c'est un peu tard. Mieux vaut tard que jamais. Après avoir arrêté pendant un an de pratiquer le chemin semé d'embuches de la recherche universitaire, j'étais revenue, la fleur au fusil, décidée à aller au bout de ma chance cette année. Oui, sauf que, de la chance, j'en ai jamais vraiment eu dans le boulot sauf une fois où j'ai eu une super opportunité mais je crois que j'ai cramé mon capital "chance" à ce moment là.

Le spectre du chômdu me hante de plus en plus, surtout quand je vois dans quel embouteillage professionnel je me casée. J'ai choisi, comme tant d'autres, une voie bouchée. Et alors que tous les profs depuis mon enfance me répétaient que je n'irai jamais au bout de mon rêve parce que, justement, il n'avait rien de réaliste, j'avais toujours répondu : "il y en a 3 par an qui réussissent ? Je serai dans les trois !". Oui mais bon voilà la réalité frappe de plein fouet, dure, cruelle : je ne suis pas dans ces trois là. Et je me dis que si je n'ai pas tout sacrifié à mes recherche depuis 2 ans, c'est sans doute pour la bonne et simple raison que j'en ai marre.

Oui j'en ai marre. Marre de courrir après le soutien éventuel d'un prof. Moi je me suis toujours positionnée par rapport à la qualité de mon travail, pas par rapport à mes relations et mes contacts, quelle naïveté me direz-vous. Oui peut-être mais en tout cas moi je ne suis pas faite pour lêcher des culs pour obtenir un place, peut-être parce que je n'aime pas le goût de la merde. Va savoir. Moi ce que je sais c'est que les profs de fac touchent des primes sur leur salaire pour chaque étudiant dont ils encadrent les travaux de recherche. Et nous on a quoi ? On regarde les peigne-culs nous passer sous le nez parce qu'ils ont une liste de contacts plus longue, on voit nos chances de débouchés fondre comme neige au soleil au fur et à mesure que les années passent, on voit nos potes gagner leur vie alors que nous on dépend encore de nos parents, on voit les "djeunzes" parler investissements alors que nous on compte nos euros pour aller se payer des nouilles chinoises au supermarché discount du coin. C'est de tout ça dont je suis écoeurée.

Et le pire c'est que j'avais un rêve quand j'étais gosse, mais dans ce rêve là je n'étais pas une carpette qui s'écrase devant les grands pontes universitaires, je n'étais pas une colporteuse de ragots pour griller la place d'un collègue, je ne mangeais pas des conserves dégueulasses juste pour pouvoir me payer un bouquin utile, je m'endormais pas dans une conférence juste parce que "ça fait bien d'être là". Dans mon rêve je faisais des choses utiles et j'étais payée pour mon travail. A l'heure actuelle c'est moi qui paye pour avoir le droit d'écrire un pavé qui sera lu par 2 personnes. Mon rêve c'était de voyager à la découverte de civilisations perdues. Et la réalité de ce milieu me dégoûte un peu plus chaque jour.

 Alors je tire ma révérence, on tombe le masque. Je ne jouerai plus un rôle qui ne convient pas dans une pièce qui ne me convainc plus. Je vais rentrer dans le moule mais je n'aurai pas une vie ordinaire. Je comme à réaliser que je n'ai pas besoin d'avoir tel ou tel statut, tel ou tel mot sur mon cv pour vivre mon rêve et pour avoir la vie extraordinaire que je voulais. C'est à moi seule de mettre des paillettes dans mon quotidien et il est temps que je reprenne ma liberté. Je regarde la petite fille qui vit encore au fond de mon coeur et je lui dis :

"Regarde, on a réussi, peut-être pas avec les diplômes mais on a réussi notre vie. On est libres, et la liberté est trop précieuse pour la sacrifier à ce milieu. Pense aux souvenirs qui te viendront à l'esprit quand nous serons vieilles, tu ne te rappellera sans doute pas de tes soutenances mais de la vie, la vraie."

Au fond de moi je sais que, dans mon coeur, j'ai réussi. Je suis fière de moi peut-être encore plus maintenant que j'apprends à faire le deuil de mes rêves ou plutôt de mes illusions. En plus je ne ferme pas totalement la porte. Je vais aller au bout de ce mémoire et qui sait, je reprendrai peut-être une thèse dans quelques années. En tout cas, on n'a qu'une jeunesse, j'ai envie de profiter de la vie, de rester ouverte à toutes les expérience, je n'ai pas envie aujourd'hui de m'enfermer dans un milieu cloisonné, de sacrifier ma vie à un travail qui me paraît inutile.

Collègues, directeurs de recherche, je vous quitte sans regrets. Je suis arrivée au bout d'un cycle, il est temps de vivre.

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